Le 17 août de l’Indonésie à Neuilly-sur-Seine

Célébrer les patrimoines

Ce lundi 17 août 2026, l'Indonésie célèbre son 81e anniversaire d'indépendance. Partout, du cœur de Jakarta aux ambassades du monde, les rues se parent de rouge et de blanc. Mais là où la fête prend sens, c'est rarement sous les projecteurs : c'est dans les rues, dans les quartiers et surtout autour d'une table.


Une proclamation qui fait vivre une nation

Le 17 août 1945, après des siècles de domination étrangère, Sukarno et Mohammad Hatta proclament l'indépendance de l'Indonésie devant une foule réunie à Jakarta. Cette date marque bien plus qu'une rupture politique : c'est l'instant où une mosaïque de mille îles, de peuples et de cultures affirme qu'elle respire d'un même souffle.

Chaque 17 août, l'Indonésie commémore cet événement fondateur. Cérémonies officielles au palais de Merdeka, défilés, lever des drapeaux  mais aussi, partout dans le pays, des concours populaires, des jeux de quartier, des moments où la nation se vit collectivement, simplement.

À Neuilly, une diaspora qui célèbre avec sincérité

Cette année, à quelques kilomètres de Paris, l'ambassade d'Indonésie à Neuilly-sur-Seine a rassemblé plus de 150 personnes de la diaspora pour vivre cette commémoration à leur manière. Pas de grande cérémonie formelle : juste des jeux simples, des moments de rire partagé et curieusement, les invités étaient vêtus de rouge et de noir. Nous y distinguions des t-shirts, des casquettes et même d’anciens uniformes d’école comme le souligne Hengky.

Croquant un biscuit suspendu sans les mains, nous voyons les gens maladroits, qui rient de leur propre gaucherie, qui se donnent des conseils en chuchotant… Faire tomber une vis dans une bouteille à l'aide de fils, puis essayer, rater, réessayer. Ces jeux disent beaucoup : comment nous jouons ensemble, comment nous pouvons rire du même instant, du même échec, même après des années d'absence. Comment une identité se maintient à travers la distance, non pas par la nostalgie, mais par le rire partagé.

Mais le cœur de la journée, c'était la table. Une dorade royale enveloppée dans une feuille de bananier, partagée à notre Maison des Cultures du Monde “Eat Epicurien”. Puis, il y a d'autres plats préparés simplement et bien, ceux que les gens reconnaissent à la première bouchée, ceux qui les ramènent directement dans leurs souvenirs les plus gourmands. Parce qu'il y a des grands-mères derrière ces assiettes, du temps, de l'authenticité. Pas de performance culinaire : juste la cuisine qui se partage comme elle se partagerait en famille, dans ce qui se transmet par le geste, par la saveur reconnue et par la certitude que nous ne pouvons pas être seul autour d'une assiette.

C'est exactement ce que Eat Épicurien cherche à défendre depuis 2019 : une cuisine qui se partage, qui naît des mains qui la façonnent et dont l’authenticité n’a besoin d’aucun artifice. Parce que oui, une culture entière se découvre dans ce que nous mangeons, ce que nous écoutons, ce que nous regardons ou ce que nous transmettons.

Neuilly-sur-Seine abrite l’Ambassade d’Indonésie, mais aussi notre Maison Culturelle Eat Épicurien, faisant du quartier un véritable trait d’union entre ici et ailleurs. Lorsqu’une diaspora indonésienne se retrouve, joue, cuisine et partage ses plats, elle ne célèbre pas seulement ses traditions : elle fait vivre son identité, la transmet et la rend visible. Et le quartier, lui, s’anime au rythme de cette rencontre.

C’est aussi ce que raconte la Maison des Cultures du Monde : cet endroit où les cultures cessent d’être lointaines pour devenir voisines, où les traditions se rencontrent sans avoir besoin d’être expliquées. Ici, une dorade enveloppée dans une feuille de bananier n’est plus « exotique ». Elle est simplement là. Sur une table. Prête à être partagée

Crédits : Flora LUPSASCA

Sources : Ministère des Affaires étrangères (Indonésie), médias locaux parisiens

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